L'ACCOMPAGNEMENT






Le temps de parole, un sens à la souffrance


Ce temps de parole entre nous est important, important parce qu’il permet de donner un sens à ce qui nous arrive. Et le sens, c’est ce qui nous aide à vivre. 
Et puis, une souffrance qui a du sens fait moins mal que celle qui n’en a pas. La souffrance, c’est un peu comme une invitation à sortir de l'état de victime qui subit un mauvais coup du destin, pour entrer dans celui de la personne qui crée sa vie, en collaboration avec les différentes dimensions de son univers tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

                                                                            - Sophie PETERS - 
 (Psychanalyste - Europe 1 - Libre Antenne du 03.08.2012 (Retranscription)





         Les mots


Nous sommes tellement remplis de mots, qu'il nous faut absolument parler : comme s'ils étaient des oiseaux à libérer, comme s'il fallait faire le vide avant de laisser venir en nous d'autres mots. 

Nous parlons, nous parlons, les uns aux autres, les uns contre les autres, les uns des autres. 

Les mots s'agitent inutilement entre nous. Ceux que nous osons dire. Ceux que nous gardons pour nous. Ils sont tous là. Nous les avons sur le bout de la langue, au bord des lèvres, derrière la paroi du front, dans la tête. 

Souvent nous les avons déjà dits et nous les répétons. 
Ils ne s'usent pas, ils gardent leur pouvoir de transformer, de blesser ou d'illuminer.

                                                                                                                 - Alice FERNEY - "Les autres"







La compassion, l'accompagnement



"La compassion, c’est comprendre la souffrance et s’interroger sur elle, c’est être atteint soi-même, c’est savoir se défendre du naufrage, de ce que peuvent être la douleur, la souffrance morale, mais savoir faire le lien. 

C’est une relation de l’altérité, c’est le souci de l’autre. C’est parce que l’autre est souffrant et en danger que je l’accompagne, parce que je sais voir en moi-même ma propre fragilité." 
                                                                                           
                                                                                           - Xavier EMMANUELLI -


Comment parler des obsèques à un enfant ?


 

Au moment des obsèques les enfants sont particulièrement sensibles à l’agitation que traversent les adultes, leurs questionnements révèlent souvent leurs inquiétudes. Pour répondre aux nombreuses questions que se posent les enfants lorsque survient un décès, la société de thanatologie met à votre disposition un carnet pédagogique que vous pouvez télécharger gratuitement, en cliquant sur le lien ci-après : 





Protéger l'enfant des douleurs de la perte

 

"Ce n'est pas parce que nous aimons quelqu'un qu'il faut lui épargner l'épreuve ; c'est parce que l'épreuve fait partie de sa vie qu'il a d'autant besoin de notre amour.

...  Protéger l'enfant des douleurs de la perte, le préserver de toute épreuve, c'est le protéger aussi de ce bien supérieur et unique qui est d'être consolé par sa maman."

"Vouloir que l'enfant jamais ne chute ni n'ait mal, c'est au contraire lui interdire les bras qui l'ont porté aux premières heures de sa vie. C'est le surveiller sans cesse, quand il fallait, épreuve oblige, veiller sur lui.  C'est le mettre sous haute sécurité lorsque l'enfant veut seulement qu'on l'accompagne sur les chemins aventureux de l'existence. " 


D'après le livre de Martin STEFFENS 
"La vie en bleu" 
(Pourquoi la vie est si belle dans l'épreuve)




L’écoute ...


"... L'oreille qu'on prête aux malheurs de l'ami recrée cette parole qui fut un temps coupée. L'écoute qui se tait n'est pas le contraire de la parole : elle appartient à la parole puisque c'est à partir d'elle que l'homme en souffrance va, peu à peu, la reprendre, comme on reprend son souffle.

 "... L'écoute doit d'abord être, pour l'être qui souffre, une page blanche, une terre d'accueil, sans attente, ni jugement. L'écoute doit aussi se prêter l'oreille qu'elle tend à autrui : elle doit saisir le moment où elle doit cesser, parce qu'elle n'apporte plus rien. Bien écouter celui qui souffre, c'est savoir au moment opportun, ne pas donner le change, afin qu'il ne se complaise pas dans son rôle de victime : l'écoute doit mourir à elle-même, se faire envoi au monde, coup de pied au derrière."

- d'après le livre de Martin STEFFENS "La vie en bleu" -
- (Pourquoi la vie est si belle dans l'épreuve) - 





  Le chemin de la guérison


 


Ne pas parler, ne pas être écouté, fait en sorte que tu restes dans la confusion et que tu es porté à suivre ce que ton extérieur te dicte.


Si tu veux trouver tes réponses intérieures, il sera important que tu apprennes à parler de ce que tu vis à une personne qui saura t’entendre et te comprendre. 


C’est ainsi que se dévoilera à toi le chemin de ta guérison. 


                                                            - Josée BRISSETTE -
































- A mon ami "Monsieur Denis" ... -





 Comment parler de la mort à un enfant ?


En plus de la douleur de perdre un être cher, nous sommes parfois confrontés à la question d'annoncer la mort d'un proche à un enfant et nous ne savons souvent pas très bien quelle attitude adopter en pareil cas.

Cette question m'est souvent posée et c'est afin de vous aider à y faire face, que j'évoque maintenant ce thème en m'appuyant ici sur le livre intitulé "Le grand livre de la mort à l'usage des vivants" (éditions Albin Michel).

Parler de la mort à un enfant, c'est l'aider à mieux vivre ...

Ce sujet est tellement difficile et douloureux à aborder que nous avons tendance à cacher la réalité  aux enfants pour, pensons nous, les protéger.

Or, les enfants croient ce que leur disent les adultes et "cacher la vérité à un enfant, c'est prendre le risque d'entamer la confiance qu'il a en l'adulte et sur laquelle il se construit. C'est aussi donner libre cours à son imagination débordante et le laisser échafauder des scenarii souvent bien plus effrayants que la vérité elle-même.
C'est pourquoi, il est extrêmement important d'informer l'enfant du décès le plus tôt possible, en utilisant un langage concret, simple et direct, en ne craignant pas d'employer les mots "mort", "décédé" ... et en évitant toute métaphore ou tout euphémisme.  

C'est ainsi que des enfants à qui l'on avait dit que leur père était parti, se sont promis secrètement de partir à sa recherche ou d'autres se refusent à prendre l'avion de peur de percuter leur mère en plein ciel, ou d'autres encore deviennent insomniaques depuis qu'on leur a dit que leur grand mère s'est endormie pour toujours ...

Il ne s'agit pas de leur dire la vérité brutalement sans tenir compte de leur âge, mais de répondre à leurs questions sans les devancer.

Expliquer par exemple que : "quand on meurt, on ne bouge plus, on ne ressent plus rien. Leur rappeler que tout ce qui vit dans la nature est appelé à mourir un jour, les êtres humains, comme les animaux et les plantes."

Par ailleurs, si vous n'avez pas de réponse (comme dans le cas d'une question sur la vie après la mort), ou si vous êtes trop submergé (e) par votre douleur, ou si la réponse est trop délicate (dans le cas d'un suicide par exemple), n'hésitez pas à dire à l'enfant que vous ne savez pas ou que vous êtes trop triste maintenant, que vous lui expliquerez plus tard ou comme le suggérait Françoise DOLTO : "on ne meurt que quand on a fini de vivre".

Il faut savoir que "l'enfant interprète tout ce qui se passe autour de lui comme venant de lui. Il peut se sentir coupable de la mort d'un proche. Il est alors important de dire et de répéter qu'il n'est en rien coupable.

L'enfant pense aussi que la mort est contagieuse et parce qu'il la vit comme un abandon, il est tout aussi important de lui expliquer que la mort ne s'attrape pas comme une maladie, que lui ou ses proches ne vont pas mourir un à un et l'abandonner à leur tour. Il est nécessaire de lui expliquer que personne ne va oublier celui ou celle qui est mort (e), mais qu'il ou elle va continuer à vivre dans le cœur et les souvenirs de ceux qui l'aiment. C'est de cette manière qu'il pourra être rassuré et pourra lui aussi continuer à parler de la personne décédée dans un climat d'amour et de confiance en la vie.



Dans le cas de parents ayant perdu un bébé par mort subite du nourrisson :  
(d'après le livre "Le deuil" de Nadine Beauthéac)

Annoncer la mort subite d'un bébé à une fratrie, souvent en bas âge et qui n'a pas eu la possibilité de se préparer à cette nouvelle puisqu'il n'y a pas eu de maladie ou d'hospitalisation et qui n'est pas en âge de comprendre précisément ce qu'est la mort, est particulier.

Devant nos propres angoisses, nous essayons d'estomper la cruauté de cette vérité. Qu'elles que soient les croyances de la famille, il est nécessaire, pour le bien-être immédiat et futur de chacun de dire la vérité avec les mots vrais, bien sûr de la manière la plus douce et la plus rassurante possible, comme par exemple : "ton petit frère ou ta petite sœur vient d'avoir quelque chose de très grave et il (elle) est mort (e). Nous ne le (la) reverrons plus. Nous sommes très malheureux, mais nous sommes auprès de toi, tu n'es pas responsable et nous t'aimons."

Vouloir protéger les plus jeunes est l'une des plus graves erreurs des croyances liées à la mort. Nous ne cherchons qu'à nous protéger, nous adultes, en tenant un langage faux qui va porter les autres enfants de la famille à des fantasmes angoissants : si le bébé est parti, où est-il allé ? Pourquoi nous a-t-il abandonnés ? Ne nous aimait-il pas assez ? Qu'ai-je fait pour qu'il parte ?



A quel âge l'enfant comprend la mort

Nous avons tendance, nous adultes, à penser que les enfants ne s'intéressent pas à la mort ou qu'ils ne la comprennent pas. Rien n'est plus faux et les spécialistes ont depuis bien longtemps mis en évidence leur évolution face à la compréhension de la mort. 

Le bébé et le tout petit sont d'abord sensibles à la séparation, ils ne connaissent pas le déroulement du temps et la notion de l'irréversible, mais ils peuvent faire une dépression en l'absence prolongée de leur mère.

Malgré les jeux, les images télévisuelles ou les évènements sociaux, ce n'est que vers 6 ans que l'enfant arrive à faire la distinction entre la mort et le sommeil ; mais "le devenir du mort est encore voué à l'imaginaire", explique le Docteur Michel HANUS. 

A 7 ans, la notion d'insensibilité après la mort est acquise, celle d'irréversibilité est en voie de l'être, mais son universalité est peut reconnue.

A 8 ans, qui semble être l'âge pivot dans la formation du concept de la mort, l'irréversibilité de la mort est acquise, son devenir bien perçu. La notion d'universalité est en voie d'acquisition. L'angoisse reste présente.

Il semble que l'idée de mort, comme celle de vie, semble correctement acquise vers 9 ans.

Même si le petit enfant n'a pas encore l'âge de comprendre la mort, il faut employer les vrais mots et répondre à chacune de ses questions : 

- Qu'est ce que ça veut dire être mort ?
- C'est qu'on ne reverra plus jamais ton frère ou ta sœur.

- Qu'est ce qu'il ressent le bébé qui est mort ?
- Quand on est mort, on ne ressent plus rien, on n'a pas froid, on n'a pas faim.

- Est-ce que je vais mourir aussi ?
- Il n'y a pas de raison pour que cela t'arrive maintenant, même si c'est arrivé à ton frère ou à ta sœur.


Dans le moment immédiat de la mort, il n'est pas toujours possible d'avoir l'énergie suffisante pour répondre aux enfants. Il ne faut pas pour autant les éloigner complètement de cette histoire familiale qui va faire partie de leur propre histoire pour toujours. Ne pas tronquer ce moment est capital, même si cela peut être un soulagement pour la famille de confier les petits à des parents qui vont en prendre soin, mais sans leur cacher la vérité. 
Même si les enfants souffrent de l'évènement qu'ils comprennent plus ou moins bien de voir leurs parents effondrés, leur mentir est toujours un traumatisme qui les marquera.

La décision la plus adaptée est d'être avec eux le plus possible, en leur donnant les meilleurs soins et de parler. 



                                                  Intégrer l'enfant dans son histoire familiale : 

Aujourd'hui encore même si l'on dit la mort aux enfants, on utilise souvent des périphrases laissant la place à l'angoisse de l'imaginaire qui toujours pire que celle de la réalité. 

On les écarte encore  trop souvent de l'enterrement qui est pourtant un moment symbolique, capital dans l'histoire de la famille.

Toutes générations confondues, les enfants, lorsqu'ils parlent plus tard, s'élèvent contre le verdict des adultes d'avoir voulu leur cacher la mort.

Il faut se souvenir que parler de la mort n'a jamais fait mourir personne et que les enfants sont particulièrement vulnérables au non-dit qui laisse la porte ouverte à l'angoisse.


Comme l'indique encore Nadine Beauthéac dans son livre "100 réponses aux questions sur le deuil et le chagrin"


"... les enfants qui n'assistent pas aux obsèques, ont le sentiment d'avoir été mis à l'écart.
Contrairement à ce que pensent les parents, les enfants éprouvent de la curiosité pour la mort et l'évoquent souvent entre eux.
Ne pas leur parler, c'est projeter nos peurs de la mort sans idée des conséquences pour nos enfants. 
En revanche, le faire, est un apprentissage de la vie, certes douloureux, mais qui ne les traumatisera pas, bien au contraire ..." 







Être à l'écoute pour atténuer la douleur ...








(photo : "un monde pour tous")





 S'asseoir tout simplement ...



 (Peinture Rimma Vjugovey)



"S'asseoir tout simplement, sans attente, avec quelqu'un qui est triste ou souffre ou a peur, sans essayer de réparer de quelque manière que ce soit, ou de manipuler leur expérience afin qu'elle corresponde à la manière dont vous pensez qu'ils devraient être.
 
Ne faire qu'écouter, sans essayer d'améliorer les choses sur le moment, sans jouer le rôle de "l'expert" ou du "gourou illuminé" ou de "celui qui sait".


 
Être simplement et totalement disponible pour l'autre en face de vous, et sur le plan pratique, faire ce qui semble nécessaire et naturel dans l'instant, voilà l'essence de la vraie guérison. C'est dans ce non-savoir, dans cette présence profonde, au-delà de nos concepts, au -delà de nos rôles, sans protection, sans défense, non résolus, que nous nous rencontrons véritablement."


                                                                        - Jeff FOSTER
 





Accompagner : écouter et comprendre ...



L'humanitude



  ÉCOUTER

 


  Écouter. C’est bien plus qu’entendre.

 

C’est accueillir, recevoir, ressentir ce que l’autre veut dire au travers de ses mots maladroits, emmêlés, flous et tourmentés, essoufflés par l’émotion.

 

C’est mettre les mots et les phrases bout à bout, et y comprendre - au-delà de ce qu’ils disent.

 

Et puis écouter ça crée une énergie entre les êtres et pour eux-mêmes, autant pour celui qui parle que pour celui qui écoute. Une énergie positive, constructive, libératrice.

 

Écouter, c’est recevoir et donner. Écouter avec ses deux oreilles, et puis avec son cœur, car lui ne se trompe pas, il sait quand l’autre a fini de parler, ne s’en offusque pas. 

 

- Auteur inconnu - "Pensées Plurielles"

  

 

 

C'est la première fois que je meurs,

 c'est le moment unique ...

 

 

 


"... Je sais que vous êtes mal à l'aise, que vous ne savez que dire ou que faire. Mais croyez-moi, on ne peut pas se tromper en montrant de la chaleur. Laissez vous toucher. C'est de cela que nous avons  besoin. Nous pouvons poser des questions sur l'après et le pourquoi, mais nous n'attendons pas vraiment de réponse. Ne vous sauvez pas, attendez, je veux simplement savoir qu'il y aura quelqu'un pour me tenir la main quand j'en aurai besoin. J'ai peur. La mort est peut être devenue une routine pour vous, mais elle est nouvelle pour moi. Je ne suis sans doute pas un cas unique pour vous, mais c'est la premier fois que je meurs, c'est le moment unique.

 

... Si nous pouvions seulement être honnêtes, admettre nos peurs, nous toucher l'un l'autre. Et après tout ? votre professionnalisme serait-il vraiment menacé si vous alliez jusqu'à pleurer avec moi ? Entre nous ? Alors il ne serait peut être plus si dur de mourir à l'hôpital ... car on y aurait des amis."

 

- "La mort" - Élisabeth KÜBLER ROSS -

 

 

 

Tenir la main 

 

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Dans les épreuves, nous reconnaissons l'amitié, la vraie, sincère et honnête est indispensable à notre vie ...

"Tenez la main d'un (e) ami (e) qui traverse une épreuve.
Serrez la dans vos bras et souriez lui,
Mais sachez aussi quand lâcher prise,
Car chacun de nous doit apprendre à grandir"

- Sharon Annie HEILBRUNN -






Le soutien

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"Il ne faut pas attendre 
que les gens tombent 
pour les relever,
Il faut les épauler 
pour qu'ils ne tombent pas ..."








Une oreille attentive

 



Une oreille attentive est exceptionnelle aussi bien pour celui qui écoute que pour celui qui parle. Lorsque nous sommes reçus à cœur ouvert, sans être jugés que l'on nous écoute d'une oreille intéressée .... notre esprit s'ouvre !"

- Sue Patton THOERLE -






Un cœur pour écouter


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"Souvent ce dont nous avons besoin,
ce n'est pas d'un esprit brillant qui parle,
mais d'un cœur spécial qui écoute"









Pourquoi j'accompagne les personnes 
en fin de vie et endeuillées ?


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Je n'aime pas particulièrement parler de moi ou de mes activités, mais l'une d'entre elles me tenant particulièrement à cœur, il me semble légitime d'apporter mon éclairage personnel pour une cause aussi importante, afin d'essayer de faire comprendre au commun des mortels, combien il est primordial de se soucier de l'autre, à quelque niveau que ce soit. Un simple sourire, un mot gentil, un geste tendre, croyez moi cela peut changer une vie ! 

 Je me suis longtemps demandée pourquoi autant de passion à accompagner bénévolement des personnes en fin de vie, alors que je suis encore relativement jeune, en activité, avec des enfants encore scolarisés. Pourquoi un réel accompagnement humain et psychologique et pas seulement une simple visite aux malades hospitalisés.  Pourquoi, ai-je fait fi des commentaires irréfléchis, déconcertants et parfois blessants de mon entourage qui ne comprend pas ma démarche, en me disant des choses telles que :

"... qu'as tu à te prouver ?"
" ... n'as tu pas assez de soucis comme ça, sans encore en rajouter ?"
"... ça va te rendre dépressive ..."
"... tu n'as rien de plus intéressant à faire ?"
" à quoi ça sert d'accompagner des gens qui vont mourir, il n'y a plus rien à faire qu'à les laisser mourir !"
ou qui ne voulait ou ne pouvait simplement pas entendre ...

Les gens ne savent plus que la souffrance, qu'elle soit physique ou morale, et la mort font partie de la vie .

Même si je peux comprendre que cela fait peur et que notre société d'aujourd'hui fait tout pour les occulter au maximum, je regrette que chacun oublie qu'immanquablement à un moment ou à un autre de sa vie, il y sera confronté et pour que ces évènements soient moins violents, mieux vaut s'y préparer à l'avance et regarder les choses en face ...
 
Ce qui me gênait le plus au début, c'était le ton méprisant que soulevaient ces interrogations. Maintenant, cela me fait doucement sourire... car j'ai compris !
J'ai compris pourquoi j'ai tant d'enthousiasme à faire un tel accompagnement, pourquoi il m'apporte autant de richesses, pourquoi ces moments vécus valent des moments d'éternité.
 
La plupart de mes collègues bénévoles œuvrant aussi en unité de soins palliatifs, vous le diront également. Nous vivons des moments rares, intenses, de bilans de vie, d'angoisses, de sincérité et de vérité où aucun mensonge n'a plus sa place car nous sommes dans l'ultime (plus besoin de se donner de la contenance ou de se mentir à soi même, ce n'est plus le moment ...) et dans les émotions pures et vraies.
 
Ce ne sont plus deux personnes qui se parlent, mais une âme qui parle à une autre âme, une émotion qui fait écho à une autre émotion. Pas besoin de mots, pas besoin de se parler, il est des silences et des regards éloquents et c'est  à chaque fois une telle leçon d'humilité !
Notre plus belle récompense n'est pas seulement dans des mots de remerciements, mais le plus souvent, dans une angoisse qu'on a réussi à apaiser avec des mots réconfortants, une voix rassurante ou des caresses, dans une main que l'on vous prend spontanément et que l'on serre très fort (et qui veut dire ne m'abandonne pas dans ce moment difficile...), dans une étreinte, une bise, un sourire ou des étoiles plein les yeux.

Vous n'imaginez pas la  joie que l'on peut ressentir quand nous avons pu faire comprendre à un malade ou à sa famille, que c'est la vie jusqu'au bout, qu'on a encore le droit de rire et de se sentir mieux et même sur un lit d'hôpital de profiter d'instants aussi précieux.
 

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Dans un premier temps, j'ai été écoutante bénévole à SOS AMITIÉ, une écoute téléphonique et anonyme des personnes en détresse et suicidaires. Très vite,  j'ai ressenti que je pouvais donner beaucoup plus et d'une manière différente en étant au contact physique des malades en fin de vie et des familles qui vivent un deuil afin de mieux les soutenir.

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J'ai compris le plus profond de ma démarche non seulement à travers mon cheminement personnel, mes expériences mais aussi à travers de nombreuses lectures sur le sujet,  comme par exemple celle du livre de David SERVAN SCHREIBER "on peut se dire aurevoir plusieurs fois" à qui j'ai rendu hommage sur le blog www.visiondevie.canalblog.com et qui je pense vous permettra à vous aussi de mieux comprendre  le message que je souhaite faire passer.



L'art du bonheur

mais également à travers les entretiens d'Howard CUTLER et du Dalaï Lama sur "l'art du bonheur" ...






Comme je vous l'ai dit, j'aurais pu me contenter d'une simple visite de courtoisie à un (e) malade hospitalisé (e), j'admire et je remercie au passage, les personnes capables de donner de leur temps, pour briser la solitude par un petit bonjour, par une aide quelconque.

Tout bénévolat est parfaitement bénéfique et honorable quelqu'en soit le domaine !

Pour ma part, outre mon parcours, mon expérience de vie, mon attrait pour la psychologie, mes dispositions à la sympathie et à l'empathie, j'ai découvert la compassion envers les malades et leur famille et contre toutes attentes,  j'ai compris que cela suscitait du bonheur.
Et oui ! j'en vois déjà plus d'un ou une sauter au plafond ! comment accompagner des personnes enfin de vie peut-il apporter du bonheur ??? Elle doit être soit maso, soit folle ! Et non, je ne suis ni l'un ni l'autre. Enfin, pas encore ...

Je vous explique :
 
Nous appartenons tous à la famille humaine avec des émotions, des sensations et sommes reliés à tous les êtres vivants et en ce sens, tous nous connaissons la souffrance. Il est nécessaire de prendre conscience qu'elle aussi fait partie de la vie, tout comme la mort.

J'ai compris qu'en accompagnant l'autre dans sa souffrance, c'est notre propre souffrance que nous reconnaissons et atténuons. Cela permet de lui donner un sens. C'est reconnaitre que l'on refuse de souffrir et que nous avons le droit au bonheur. Cela nous aide à entrer en relation avec l'autre. Nous ne sommes plus seuls avec notre souffrance, nous la partageons. En adoucissant, la souffrance de l'autre, nous adoucissons la notre.
Nous dispensons et recevons de la chaleur humaine, une forme d'affection. Un simple geste, un sourire, des mots chaleureux sont indispensables au bien être humain. 

J'ai compris que non seulement nous donnons, mais aussi nous recevons beaucoup en retour. Savoir que l'autre se sent mieux, nous fait du bien et procure à chacun une forme de bonheur. Un bonheur vrai, qui n'est pas basé sur du matériel, qui est de l'ordre de la richesse intérieure. Ce bonheur là a le bénéfice d'être durable et indestructible...

J'ai compris qu'être sensible à la souffrance des autres atténue les peurs de chacun et favorise du coup le contact. Nous nous mettons naturellement en position d'ouverture, de dialogue et de donner et recevoir de l'affection.

J'ai également compris qu'en étant compatissant, on se souhaite de bonnes choses à soi même à travers l'autre et le fait d'accepter et de reconnaitre la souffrance de l'autre éveille en nous une force de l'esprit et une détermination, une communication, une communion, qui fait que nous ne nous sentons plus seuls.

Par contre, il faut bien sur être capable de prendre de la distance avec la souffrance pour ne pas se faire happer par elle. Il est donc nécessaire de cultiver la patience et la tolérance, la souplesse d'esprit, cela nous permet de distinguer ce qui est important de ce qui ne l'est pas dans la vie, d'atteindre une certaine paix, une certaine sérénité, indispensable au bien être donc au bonheur.

J'ai compris par dessus tout qu'être confronté (e) à la souffrance est également une sacrée leçon d'humilité et cela permet d'être moins arrogant (e) ou prétentieux (se) et nous rappelle que nous sommes tous dans la même galère.

J'ai compris qu'appréhender la souffrance de l'autre permet aussi de changer notre attitude par rapport à l'autre, en évaluer les effets destructeurs permet de mieux la supporter.



 

Voici une vidéo qui a été réalisée par une chaine de télévision locale dans l'unité de soins palliatifs dans laquelle j'interviens en tant que bénévole, comme mon amie Bernadette dans le film :


Je suis passée depuis, enrichie de mon parcours personnel, des expériences d'accompagnements  auprès des personnes suicidaires et en fin de vie, et de formation spécifiques à l'accompagnement au deuil ...

J'ai créé ce blog d'accompagnement au deuil que j'ai appelé "La vie pour l'éternité", qui se veut un espace d'aide, de soutien et de réconfort pour toutes les personnes endeuillées quelle que soit leur religion, quelles que soient leurs convictions.




Et je terminerai avec cette citation dont je ne connais pas l'auteur :

"Il faut être descendu jusqu'au plus profond de son "Moi"
Se reconnecter à sa source divine pour faire jaillir
autour de soi l'énergie d'amour qui comblera les solitudes
et guérira les souffrances de ceux qui nous entourent"


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Ami(e) ou bénévole ?


"Il arrive qu'un individu devienne le centre de notre vie,
sans que vous ne soyez lié à lui ni par le sang ni par l'amour,
mais simplement parce qu'il vous tient la main,
vous aide à marcher sur le fil de l'espoir.
Ami ! Frénétiquement."

- Fatou Diome -

en ce qui me concerne,  à "l'individu", j'ajoute "ami (e)" ou "bénévole"...



 

Ce n'est qu'en se trouvant soi même 
que l'on peut aider les autres ...







L’acceptation de l’inacceptable demande infiniment plus de courage que la colère, car cela nous oblige à maîtriser les forces négatives que nous avons en nous ! Il nous faut avant tout vivre avec nous-mêmes. Ce n’est qu’en se trouvant Soi-même que l’on peut transformer sa vie et aider les autres.

- Mark Horton -




Si je veux réussir à accompagner un être ...


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"Si je veux réussir à accompagner un être vers un but précis, je dois le chercher là où il est et commencer justement là.

Celui qui ne sait pas faire cela se trompe lui même quand il pense pouvoir aider les autres.

Pour aider un être, je dois certainement comprendre plus que lui, mais d'abord comprendre ce qu'il comprend et ce qu'il ne comprend pas.

Si je n'y parviens pas, il ne sert à rien que je sois plus compréhensif et plus savant que lui.

Si je désire avant tout montrer ce que je sais, c'est que je suis orgueilleux et cherche davantage à être admiré de l'autre que de l'aider.

Tout soutien commence par l'humilité devant celui que je veux accompagner et c'est pourquoi je dois comprendre qu'aider n'est pas vouloir maîtriser mais vouloir servir. Si je n'y arrive pas, je ne puis aider l'autre."

           - Soren KIERKEGAARD -




L'essentiel ...

L'essentiel n'est pas juste de parler, mais de faire passer un message.
L'essentiel n'est pas juste d'écouter, mais de comprendre ce qui est délivré.
De là, naît l'échange et la compréhension de l'autre ...
A parler pour ne rien dire, et à faire semblant d'écouter, il n'en ressort que des discours futiles, sans aucun intérêt où les êtres, bien qu'ensemble, se retrouvent souvent seuls !

- Alexandra JULIEN -
 - Extrait de "Pensées positives - option bonheur" -

14 commentaires:

  1. Corinne - Le 8 avril 2014

    merci d'avoir créer ce site. c'est vrai que lorsque l'on perd un proche, c'et très dur de vivre sans lui et ce site est là pour nous réconforter. Encore merci.

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  2. Simon - Le 20 février 2014 -

    merci beaucoup pour se site Cordialement, simon

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  3. Muriel - Le 6 avril 2014

    Il y a sur ton blog beaucoup de respect pour tout un et chacun , croyance ou non , tu t'adresses à nous tous . Merci . Muriel . sur LES ATTITUDES

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    1. Merci Muriel pour ce commentaire qui me touche car c'est en effet, l'une des lignes de conduite de ce blog. Que chacun s'y retrouve quelles que soient ses convictions, quelle que soit sa religion. Je veux que ce soit un humain qui parle à autre humain, une âme qui communique à une autre âme ....

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  4. Magnifique blog, beau travail et merci d'être là. Amitiés

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  5. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  6. Diana - le 28 mars 2014 -

    merci ,j'ai perdue,mon regretté mari, il y a bientôt 3ans,et grâce a votre site,ma douleur je l'a comprends,et il y des ou le mal fait moins mal,merci d'exister .Diana,

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    Réponses
    1. Je suis heureuse Diana que tu puisses trouver un peu de réconfort sur mon site. Cela lui donne une raison d'exister. Merci pour ton message.

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  7. Isabelle - Le 13 mars 2014 -

    Merci pour cette découverte ! Que des trésors sur ce blog... Je vais y passer du temps ce week-end. Isabelle

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    1. Merci infiniment Isabelle. Je suis heureuse que ce blog vous plaise. Cela m'encourage à le continuer. Merci !

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  8. Annie - le 5 mars 2014 -

    Ce blog est... somptueux de par sa profondeur et sa beauté !... Je le conseille chaleureusement à toute personne affligée par le deuil et je me le conserve de côté pour aider à l'avenir... Merci infiniment, pour cette découverte ♥

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    1. Merci infiniment, tes compliments me vont droit au cœur.

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    2. Merci Annie pour ton commentaire. Je suis heureuse que tu aies apprécié cet article et heureuse de me l'avoir dit. Cela m'encourage à continuer mes publications. Merci à toi.

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